Dernière mise à jour le jeudi 9 novembre 2017
 

Le groupe des Phasianus ou des faisans communs

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Edouard JELEN
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Les différentes sous espèces

Réflexions et actions proposées

wpa france phasianus

Par Edouard Jelen (08-2012)

    Les faisans ordinaires couvrent un habitat aussi étendu que varié du sud-est de l'Europe aux confins de l'Asie. Leur faculté d'adaptation à des milieux diversifiés (semi-arides, montagnards ou tempérés), tout comme leur propension à tirer partie de l'activité agricole humaine, ont fait de ces oiseaux un gibier répandu dans quasiment tous les pays du globe.

    On les rencontre même au Pérou, en Australie, en Finlande...pour y avoir été introduits. En France comme ailleurs, on parle curieusement de faisans sauvages (?) pour des populations vivant librement à  proximité d'élevages, et leur posant d'ailleurs quelques problèmes aujourd'hui depuis la découverte récente de deux cas de grippe aviaire dans le nord de l'Allemagne !
Profitant de ce gibier de choix, l'activité cynégétique à but commercial a rapidement procédé à des lâchés de faisans hybrides, issus d'élevages industriels, sur les territoires dévolus à ce business. On rencontre également, souvent et dans une sorte d'uniformité, la représentation d'un faisan hybride issu d'élevages polonais en illustration des faisans communs [photo de Lukasz Lukasik], ce qui traduit bien la méconnaissance de ces oiseaux, quand il serait aussi facile de montrer la diversité de ce genre très riche en couleur et susceptible d'attirer l'attention, y compris pour les activités de la chasse. (Le point d'orgue est sans doute atteint par l'organisateur du site de l'Hirkan Parc au sud-est de l'Azerbaijan. Ce parc recèle une petite population du rare faisan de Talish, P.c.talishensis, et uniquement ce faisan, dont la photo est encore cet hybride polonais !)

    La France n'est pas épargnée par l'élevage de faisans hybrides. Les raisons sont multiples. Il semble cependant que les difficultés d'importations, voire l'interdiction dans les années 80, de lignées nouvelles susceptibles de ressourcer les sous-espèces déjà présentes dans les élevages solognaux après la deuxième guerre mondiale (P.c.colchicus , P.c.torquatus , P.c.mongolicus), ont conduit les détenteurs de géniteurs à chercher des solutions aux problèmes de malformations des jeunes (des cas de faisandeaux aveugles ont été recensés !). Ils ont ainsi fixé des caractères de lignées hybrides uniformes, à but commercial. Il convient de rappeler également la présence sur le sol français de faisans dont l'origine date probablement de l'invasion romaine...
    Dans l'ensemble, ces pratiques relèvent de l'aviculture à but commercial et cynégétique, et non de la préservation de lignées génétiquement pures à des fins conservatoires.

    A l'inverse, des études de terrain et des programmes de conservation voient le jour en Asie dans les différents pays hôtes des sous-espèces autochtones sauvages. Ils consistent en recherches in situ dans le cadre d'un cursus universitaire parfois, ou à l'initiative d'organismes ou de personnes étrangères ou pas, à titre privé ou non. Elles sont encore peu nombreuses pour des raisons liées aux financements de ces travaux.  Pour autant, si un grand nombre de  réserves nationales existent également depuis longtemps, l'insuffisance du suivi pour certaines d'entre-elles, a raison des populations de faisans sauvages ou laisse les responsables dans l'ignorance du statut de celles-ci, quant aux effectifs et à de possibles hybridations, actuelles ou passées, dans le milieu naturel; nous pensons ici à la situation en Azerbaijan, pays offrant la plus grande superficie d'habitat du faisan de Colchide, P.c.colchicus, dans les vallées du bassin Kura-Araks.

    Un manque de connaissance de la réalité de terrain amène certains organismes de conservation des pays du vieux continent à négliger ces faisans, en toute bonne foi. Il nous a ainsi été affirmé qu'il n'y a pas de problèmes particuliers connus relatifs à la pureté génétique des faisans du Caucase in situ ; pourtant une recherche sommaire auprès de responsables dans les pays du sud du Caucase nous apprend le contraire. Pour donner un cas concret, nous connaissions la diminution d'effectif de la population du faisan du sud du Caucase, P.c.colchicus, en Georgie (Caroll et al. 2006), mais rien du problème d'hybridation. Les deux pourtant existent et sont heureusement pris à bras le corps depuis peu par Amiran Kodhiashvili, sous la forme d'élevages de faisans sauvages rendus ensuite à la Réserve Vashlovani, dans l'est du pays. Notre approche a permis également d'en savoir davantage sur les us et coutumes locaux. En effet le plat national géorgien à base de faisans "chakhokhbili " est très en vogue dans la tradition culinaire autochtone mais aussi dans la restauration destinée aux touristes de plus en plus nombreux à visiter ce pays. Ceci conduit à une situation paradoxale qui consiste à élever des faisans sauvages de repeuplement de la Réserve Vashlovani dans un premier temps, mais aussi et conjointement des faisans hybrides pour l'art de la table, le nombre d'oiseaux purs étant insuffisant!

    Ces premiers éléments montrent quelques axes de travail du groupe d'intérêt pour les Phasianus au sein de l'association.
Comme déjà évoqué il y a quelques temps, il convient de mener des recherches bibliographiques sur l'histoire des faisans de ce groupe en général, et clarifier la situation en France. Les résultats seront à rapprocher de la cartographie des  répartitions actuelles et permettra de corriger des erreurs récurrentes, comme par exemple l'aire de répartition de P.c.edzinensis, le faisan de Gobi, située en Mongolie alors que ces faisans habitent les oasis chinoises à proximité de la frontière avec ce pays voisin.
    Il est aussi nécessaire d'en savoir davantage sur la présence aujourd'hui et/ou autrefois de faisans hybrides dans le milieu naturel, en particulier dans les pays d'Asie  hôtes des populations sauvages autochtones.

    A défaut de pouvoir apporter un soutien pécuniaire important, l'association doit faire valoir ses atouts au premier rang desquels un avis d'expert et des conseils d'ordre technique d'aide à l'élevage (en matière d'incubation, de protocole sanitaire …).  Il faut aussi mettre en relation les personnes intéressées ou compétentes, y compris au sein des pays en question. Enfin un effort de communication portera sur les plans de conservation entrepris, par le biais d'une revue propre et de celles de partenaires (W.P.A. International…).
    Nous allons également mettre en place sur le site de l'association un espace dédié regroupant l'ensemble des données recueillies, alimenté par apports réguliers d'informations d'actualité, dont une partie, sous forme de synthèse, sera accessible à tous.

Référence


Carroll, John P.,  Faircloth Brant C. & Machaidze Revaz  (2006). Observations on the common Pheasant Phasianus colchicus in the Alazani River Valley, Republic of Georgia.  Gamebird 2006, QuailVI and PerdixXII ,  Abstract book  p52, Athens, GA, USA
Groupe de travail des phasianus de la W.P.A. Allemande


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