Dernière mise à jour le samedi 15 avril 2017
 

Le Père Armand David



Par A. Hennache  (11 - 2012)

Biographie

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    Armand David, est né le 7 septembre 1826 à Espelette près de Bayonne. Il a prononcé ses vœux  en 1850 puis a enseigné les Sciences naturelles au collège lazariste de Savone (Italie).
    En 1861, le Muséum national d'Histoire Naturelle de Paris a sollicité l'aide des missionnaires pour étudier la faune et la flore de Chine, alors méconnues. En 1862, le père Armand David est désigné pour une mission à Pékin.
    Il étudie alors le mandarin, langage local, explore les alentours de Pékin et envoie des spécimens à Paris où les naturalistes sont tout de suite surpris par la qualité des envois. Le directeur du Muséum, Henri Milne-Edwards, écrit alors : " Nous avons trouvé dans le père Armand David un correspondant non moins actif qu'éclairé. Il a fait au Musée plusieurs envois considérables et l'intérêt des objets qu'il nous adresse est rehaussé par les notes dont il les accompagne. "
    En 1866, il explore la Mongolie méridionale accompagné d'un autre missionnaire, le frère Chevrier chargé de la chasse, et d'un guide qui n'est autre qu'un lama mongol. En 1868  il gagne le Seutchouan, où la région de Ya'an est aujourd'hui connue comme l'une des plus riches au monde en ce qui concerne la biodiversité, puis il s'installe à Moupin (aujourd'hui Baoxing), plus précisément à Dengchigou qui est situé en altitude, à plus de 2000m. Les missionnaires s'étaient établis dans cette région, petite principauté indépendante dirigée par un prince Mantze, pour échapper aux persécutions des mandarins. Les collectes d'Armand David faites dans le Seutchouan sont remarquables.
    il a envoyé au Muséum de Paris 676 spécimens de plantes, 441 d'oiseaux, 145 de mammifères, des spécimens de poissons, de reptiles. Il a découvert 12 espèces de rhododendrons, l'arbre aux mouchoirs, le Macaque du Tibet, le singe doré mais surtout ce qui a fait sa renommée, le Grand panda (aujourd'hui sigle du WWF).

    En novembre 1869, le père David décide de gagner Shanghai puis Paris. Ainsi qu'il écrivit dans ses mémoires, il quitte " le pays des Mantze, après y avoir souffert plus de fatigues, de peines, de privations et de maladies, qu'il n'est opportun de le dire ici ". Il traverse alors les plateaux du Qinghai et y fait une découverte majeure, la salamandre géante, la plus grande salamandre du monde qui peut atteindre 1,80m de long et vivre 50 ans.
    Après un voyage mouvementé du à des émeutes anti-chrétiennes et anti-françaises à Tianjin, il arrive à Marseille en 1870, alors que les armées prussiennes marchent sur Paris. Il décide alors de gagner l'Italie pour y retrouver ses anciens élèves à Savone et se refaire une santé. Après y avoir rédigé une partie de ses mémoires, Armand David ne tarde pas à envisager une nouvelle expédition en Chine où il retourne au printemps 1872.

    Il explore notamment les monts Qinling au sud de Xi'an et la province de Jiangxi où, à Fuzhou, il doit se reposer plusieurs semaines, exténué et à bout de forces, suite à des accès de fièvres paludéennes et à l'atteinte par diverses maladies. Remis, il décide de rentrer en France début 1874.
    A son retour à Paris, le père David s'installe dans la Maison-mère de la congrégation de la mission rue de Sèvres. Il y restera jusqu'à sa mort en 1900, mettant au propre ses notes, publiant des ouvrages scientifiques et donnant des cours aux séminaristes.

Principaux ouvrages du père David


Voyage de l'abbé David en Chine, lettre au secrétaire général, Bulletin de la Société géographique. (1872)
Voyage dans la Chine occidentale, Bulletin de la Société géographique. (1874)
Journal de mon troisième voyage d'exploration dans l'Empire chinois (Hachette, Paris, deux volumes). (1875)
Voyage en Mongolie, Bulletin de la Société géographique. (1875)
Second voyage d'exploration dans l'Ouest de la Chine, Bulletin de la Société géographique. (1876)
Les oiseaux de Chine,  en collaboration avec Emile Oustalet. (1877)
La Faune chinoise. Mémoire présenté au Congrès scientifique international des catholiques tenu à Paris en 1888, Annales de philosophie chrétienne. (1889)

L'oeuvre du père David

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    L'œuvre du Père David est immense car avant lui la faune et la flore de la Chine étaient mal connues. Ses envois au Muséum d'histoire naturelle de Paris de spécimens chinois de plantes et d'animaux sont tout à fait considérables : 2 919 spécimens de plantes, 9 569 d'insectes, arachnides et crustacés, 1 332 d'oiseaux et 595 de mammifères. Un certain nombre d'espèces ont été nommées en son honneur par d'autres naturalistes français ou anglais (le cerf du Père David par exemple). Le Père David a envoyé soit au Muséum de Paris soit à son ami Robert Swinhoe un certain nombre de peaux de lophophores, de hokis et d'autres faisans. Le hoki brun Crossoptilon mantchuricum a ainsi été décrit par R. Swinhoe à partir de faisans observés pour la première fois par le Père David en 1862, au nord de Pékin.

    Il fut aussi un précurseur de la conservation de la Nature. Je ne peux m'empêcher de le citer : " On se sent malheureux de voir la rapidité avec laquelle progresse la destruction de ces forêts primitives, dont il ne reste plus que des lambeaux dans toute la Chine, et qui ne seront jamais plus remplacées. Avec les grands arbres disparaissent une multitude d'arbustes et d'autres plantes qui ne peuvent se propager qu'à l'ombre, ainsi que tous les animaux, petits et grands, qui auraient besoin de forêts pour vivre et perpétuer leur espèce...Et, malheureusement, ce que les Chinois font chez eux, d'autres le font ailleurs ! C'est réellement dommage que l'éducation générale du genre humain ne se soit pas développée assez à temps pour sauver d'une destruction sans remède tant d'êtres organisés, que le Créateur avait placés dans notre terre pour vivre à côté de l'homme, non seulement pour orner ce monde, mais pour remplir un rôle utile et relativement nécessaire dans l'économie générale. Une préoccupation égoïste et aveugle des intérêts matériels nous porte à réduire en une prosaïque ferme ce Cosmos si merveilleux pour celui qui sait le contempler ! Bientôt le cheval et le porc d'un côté, et de l'autre le blé et la pomme de terre, vont remplacer partout ces centaines, ces milliers de créatures animales et végétales que Dieu avait fait sortir du néant pour vivre avec nous ; elles ont droit à la vie, et nous allons les anéantir sans retour, en leur rendant brutalement l'existence impossible " (Citation extraite de : Le nuage et la vitrine. Une vie de Monsieur David, de Emmanuel Boutan, Editions Raymond Chabaud, 1993).


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