Dernière mise à jour le jeudi 9 novembre 2017
 

Expériences d'élevage

Elevage d'Eulophe macrolophe

WPA France  eulophe macrolophe ( pucrasia macrolopha )

Texte de Michel Fromentin
Photos Michel Fromentin et Paul Marguier

Tombé sous le charme de cet oiseau lors de différents voyages avec la W.P.A., j'ai décidé d'en acquérir un couple en 2005.

Volière
Ils sont installés dans une volière de 3m sur 9m et 2m de haut.
L'ensemble de la volière est surélevé de 10 cm par rapport au niveau du sol initial.
Cette volière est divisée en 3 parties.
Une 1ère partie couverte 2X3m fermée sur 3 faces, un rideau de brémaille ferme les 3/4 de la face ouverte. Le sol est recouvert d'une couche de sable.
La 2éme partie est plantée de bambous et d'arbustes (houx, houtinia ,mahonia, bambous), cela permet aux oiseaux de se protéger du soleil et ils sont plus au frais que dans le bâtiment en cas de forte chaleur.
Enfin la 3éme partie est en pelouse (raygras, trèfle blanc) où les oiseaux pâturent le matin et le soir.

Alimentation
L'alimentation est placée dans des plats à l'intérieur du bâtiment ainsi que l'eau (bien que les oiseaux préfèrent prélever les gouttes de pluie ou de rosée sur le grillage).
Celle-ci est surtout végétale, tous les légumes du jardin (carottes, panais, chicorées, betterave rouge, oignons...) Il y a également à leur disposition un plat d'aliment extrudé pour faisans, un peu de blé est ajouté de septembre à décembre.
Les oiseaux sont vermifugés tous les 2 mois avec du granulé médicamenteux(G113 de Starbi) aliment utilisé par les éleveurs professionnels pour les jeunes faisans et perdrix. Il a la particularité d'être anti-stress, anticoccidien et vermifuge. Pas de traitement pendant la période de  reproduction.

La reproduction
La première année les oeufs étaient fécondés, mais la femelle n'a pas couvé.
La ponte commence fin avril. Le nid est situé par terre dans un angle du bâtiment où quelques rameaux de bambous sont appuyés sur la paroi pour servir de cache.
Le 8 mai 2007 la ponte est finie et la femelle commence à couver.
Le 3 juin 2007 naissance des premiers poussins qui restent sous la mère pendant une journée.
Le deuxième jour ils commencent à s'écarter du nid, et je suis obligé de retirer le mâle qui essaie de frapper les jeunes. Les premiers jours ils ne mangent pratiquement que de l'herbe et touchent à peine à l'aliment.
Au bout de 3-4 jours ils vont commencer à prendre un peu plus d'aliments dans une soucoupe près du nid (pâtée insectivore, extrudé en petites billes, un peu de madeleine et de la miette pour perdrix et faisans).
Les petits piquent des brins d'herbe et parfois la mère leur en présente, ils viennent lui prendre au bout du bec (ils le feront souvent pendant leur croissance).
Ces oiseaux sont nés dans une période de pluie et de vent. Sur une ponte de 7 oeufs tous fécondés, j'ai élevé 5 poussins sans problème ayant perdu 2 petits dans les 3 premiers jours.
Les 15 premiers jours la femelle retourne tous les soirs au nid avec ses petits. Pendant cette période la femelle touchera à peine à son alimentation habituelle. Passé cette période elle quittera le nid suivi des jeunes et recommence à manger normalement ( tout ce petit monde se couchera sous les arbustes).
Au bout d'1 mois les jeunes commencent à manger dans la gamelle avec la mère.
Le baguage se fait au bout de 6 semaines avec des bagues diamètre 12.
Au bout de 2 mois ils ne mangent pratiquement plus la nourriture du début, ils s'alimentent comme la mère, et l'on commence à voir la différence entre femelle et mâle.
Ce sont des oiseaux qui peuvent être familiés avec leur soigneur, jusqu'a prendre de la nourriture au bout de vos doigts.
Le comportement de l'oiseau est assez comparable à celui du tragopan et du lophophore.

                                                Reproduction partielle ou totale interdite sans autorisation de l'auteur

Expérience d'élevage avec les Torquéoles de Gingi



Texte et photos Laurent Fontaine (05-2009)


  J'ai eu l'occasion lors d'un de nos voyages de me voir confier trois torquéoles de Gingi adultes. Tout de suite séduit par leur forme sympathique et leur originalité, je me suis mis en quête d'informations sur leur élevage et sur de nouveaux sujets pour m'assurer un couple non consanguin.     
    Après deux ans, je peux confirmer que ce sont des espèces malheureusement peu courantes dans nos élevages. Il existe quelques éleveurs en Espagne, au Bénélux et en Allemagne, mais pour la bibliographie, mis à part le Partridges of the world de Gary Robbins, la majorité des publications sur l'élevage est réservée aux germanophones. Sur un plan réglementaire, ils sont en annexe D du règlement CE 338/97, donc un certificat de cession suffit pour l'Europe, mais il faut une notification d'importation pour les faire venir d'autres pays.
    Mes trois premiers oiseaux ont été logés dans une volière communautaire de 70 m² en compagnie d'un couple de coqs sauvages, d'un couple de pigeons des olives, d'un couple de colombes de Turvert, d'un couple de merles métalliques et d'un petit groupe de cailles peintes de Chine. La volière étant richement plantée, j'ai eu beaucoup de mal à les observer les premières semaines, tant ils étaient timides. Mais en quelques semaines, et à renfort de quelques vers de farine, ils sont devenus confiants, mangeant volontiers à mes pieds. La volière communautaire était équipée d'un abri hors gel chauffé à 5°C mais ils ne l'utilisaient guère, préférant se percher dehors même par fort gel. Je n'ai jamais observé la moindre gêne face au froid mais il est évident qu'ils n'apprécient pas l'humidité. Ils paraissent également relativement résistants (en comparaison aux francolins ou aux autres perdrix) face aux pathologies que j'ai eu l'occasion d'observer dans mon élevage : coryza, hétérakis et histomonose. 
    Ils sont cependant vermifugés deux fois par an : une dose d'oramec en drogage (et un contrôle de l'état général lors de la capture) et une cure de 5 jours de panacure dans l'aliment quinze jours plus tard.
    En complément de ma volière communautaire, j'ai réalisé deux types de batteries : 8 cages extérieures à fond grillagé (145 x 45 x 45 et 30 cm) et 8 cages intérieures (120 x 40 x 30cm) à fond plein et plafond capitonné (voir photos). J'ai testé les trois installations en maintien simple et en reproduction. Mes conclusions sont relativement simples : pour un maintien simple ( hivernage , isolement…) ils supportent bien un sol grillagé mais vu leur fort comportement gratteur, ce n'est pas l'idéal. Leurs griffes n'ont pas un développement assez rapide et j'ai dû les tailler régulièrement pour 5 des 6 oiseaux. Ce problème a été moins important dans les batteries sur écosol (possibilité de gratter le sol) mais il faut veiller à les humidifier régulièrement pour garder une bonne qualité de plumage, sans quoi, il devient terne et cassant. Le premier souci que j'ai rencontré fut leur sexage. L'éleveur qui me les avait confiés m'avait avoué que ce n'était pas aisé. Malgré les planches très détaillées du Birds of the world de Del Hoyo, je n'ai jamais pu observer de dimorphisme clair, même chez les oiseaux que j'ai obtenus depuis. Sur l'observation morphologique et le comportement de nourrissage réciproque, je statuais sur un trio espagnol : deux mâles et une femelle. Par la suite, j'ai obtenu une femelle en Belgique (bon état général mais absence de narine probablement due à un piquage précoce) et un couple (certifié par l'éleveur !) en Allemagne. Après plusieurs essais infructueux durant l'hiver pour former des couples non consanguins en batteries, je suis revenu aux groupes initiaux. N'ayant pas le temps de monter de nouvelles volières, j'ai décidé d'assurer la sécurité en tentant la reproduction du couple allemand en batteries intérieures et du trio espagnol en volière communautaire. Dès avril, des nids en forme de boule (similaire à ceux des roulrouls), constitués de branchettes et d'herbes sèches, sont apparus dans la volière. Dans les batteries, le couple allemand a commencé à pondre : un oeuf tous les 1 à 2 jours, avec une pause d'une semaine pour un total de vingt-quatre oeufs ! Le rythme de ponte m'a surpris mais au treizième oeuf, j'avais compris…un peu trop tard : malgré la nette différence de taille et de stature entre les deux oiseaux, j'étais devant deux femelles ! Du côté de la volière, les trois oiseaux s'affairaient continuellement à monter de nouveaux nids à partir des nids précédents et à se nourrir mutuellement, mais pas un oeuf… Etant fixé sur les deux oiseaux allemands, j'ai décidé de faire sexer par endoscopie les trois oiseaux espagnols et la femelle belge durant l'été. Cette dernière a succombé lors de l'anesthésie et son autopsie a révélé une pneumonie avancée, probablement liée à son défaut de narine. Le sexage des trois espagnols a confirmé mes doutes : malgré les différences morphologiques, il s'agissait de trois mâles. Après ces expériences, j'en conclu qu'il est facile de distinguer les individus sur des critères de taille et de stature mais en aucuns cas de les sexer morphologiquement de façon sûre ! Après avoir déménagé en septembre dernier, je termine mes installations mais trop tard pour que le couple qu'il me reste puisse profiter d'une volière extérieure. Ils ont passé l'hiver et ce début de saison en batteries intérieures sur paillette de lin. Le mâle chante tôt le matin depuis décembre et fait plusieurs appels moins longs dans la journée. Ils n'ont pas utilisé le nichoir (pot plastique de 20 cm de diamètre ouvert sur deux côtés) mais ont fait un nid en brindilles.
    Ils ont pondu en avril et mai : 2 séries de 6 oeufs à 2-3 jours d'intervalle avec une pause de 8 jours mais malheureusement tous clairs. Sur le plan du comportement, je n'ai pas encore eu l'occasion d'élever des jeunes, mais j'ai pu effectuer différentes observations sur leur comportement : ce sont des oiseaux timides mais qui s'apprivoisent relativement rapidement. Le couple ou le groupe familial défend activement son territoire. J'ai introduit un couple de tragopans satyre d'un an dans la volière communautaire. J'étais à peine sorti de la volière que les torquéoles les ont attaqués, de façon groupée, un peu à la manière des Gallus : pattes en avant et coups de bec ensuite. Le mâle tragopan, malgré ses tentatives de riposte, a trouvé son salut dans les hauteurs de la volière mais si je n'avais pas retiré la femelle qui était prostrée je pense que ça lui aurait été fatal. Je l'ai réintroduite par la suite en aménageant une volière de près-lâcher au sein de la volière communautaire. Une fois les uns habitués aux autres, tout s'est très bien passé : les torquéoles ont tenté l'intimidation mais la femelle tragopan a compris qu'il valait mieux fuir que faire face. Vis à vis des cailles peintes, les torquéoles ont montré un intérêt prédateur (tout comme les merles) pour les premiers jeunes. Mais le couvert végétal étant suffisant, j'ai bagué une douzaine de jeunes cailles, nées de deux couples, dans cette volière. Ce sont des oiseaux actifs, toujours en train de gratter ou d'explorer la volière. Ils n'abîment pas spécialement la végétation mais ils déterrent systématiquement la végétation fraîchement plantée. Leur chant n'est pas désagréable, mais il est aussi puissant que celui de la perdrix rouge et je déconseille ces oiseaux si le voisinage est un peu sensible au bruit. Enfin, pour l'alimentation, je les maintiens à l'entretien avec un mélange 2/5 vermicelles faisans, 2/5 mélange tourterelle (sans tournesol) et 1/5 mélange égal de pâté universelle (Versel-Laga) et de T16. J'y incorpore également un complément minéral (1/2 cuillères à café pour 3 litres de mélange) et un complément vitaminique (même dose). Enfin, ils reçoivent des vers de farine et des pinkies (sans colorants !) deux fois par semaine hors reproduction et tous les jours à partir de mars. Pour les fruits, ils apprécient les fruits rouges mais ne sont pas de grands consommateurs de pommes. De même pour la verdure, ils en consomment un peu mais ne semblent pas très friands. J'espère réussir à trouver de nouvelles souches pour former de nouveaux couples mais il n'est pas toujours évident de traverser l'Europe pour collecter des oiseaux aussi peu courants. J'espère avoir de meilleurs résultats l'an prochain en maintenant les couples en volière extérieure avec abri (5 x 1 x 2m) et pouvoir vous montrer à quoi ressemble un poussin de Torquéole de Gingi !

                                                    Reproduction partielle ou totale interdite sans autorisation de l'auteur

L'élevage de l'Ithagine ensanglantée

wpa france  -  ithagine ensanglanté  ( Ithaginis cruentus )

Texte et photos de  François Bernar
Traduit de l'anglais par Christophe Auzou


Comment tout a commencé

    Dans les années soixante-dix et les années quatre-vingts, plusieurs ithagines ont été importées au Royaume-Uni et donc plus tard sur le continent européen.
La plupart de ces oiseaux sont morts et la reproduction n'avait pas eu de succès, ainsi seulement quelques oiseaux avaient survécu, à la fin des années quatre-vingt-dix.
C'est en 2000, que j'ai réussi à obtenir un couple de ces oiseaux en Allemagne.   
    Malheureusement, le mâle est mort pendant ce premier hiver. En cherchant un autre mâle, j'ai eu de la chance de trouver un vieux mâle en Allemagne et encore plus de chance, que son propriétaire Frau Wilmering ait bien voulu me prêter  cet oiseau pour la saison d'élevage.
    Avec ce mâle et cette femelle, j'avais réalisé mon rêve. Ils m'ont donné trois jeunes femelles.
    Les trois poussins ont grandi, mais le vieux mâle est mort. Maintenant j'avais quatre femmes et aucun mâle …
    En Autriche, j'ai trouvé un très vieux mâle, et comme l'éleveur m'a dit, il n'avait jamais fait un travail approprié, comme il était le seul !!!
    À côté de la volière du mâle ithagine est planté un cerisier. J'ai bientôt remarqué qu'au printemps le mâle ithagine aimait énormément les fleurs de cerisier qui étaient tombées dans sa volière. C'est là que j'ai commencé à alimenter en fleurs de pissenlit. J'ai aussi remarqué que le mâle préfère les fleurs et que les femelles aiment manger les feuilles d'abord. Je suis convaincu que dans le processus d'élevage des ithagines ces fleurs prennent une partie très importante de leur régime. Deux semaines avant que les poules ne commencent à pondre, tant les mâles que les femelles ont des pissenlits tous les deux jours. Je leur donne les plantes entières avec des racines et la terre, ce qui permet de garder les plantes fraîches toute la journée.
    Vers le 10 ou 15 avril, les poules commencent à pondent quatre à six œufs rougeâtres, tous les deux jours.
    Elles pondent leurs œufs, qui peuvent varier en dessin et en couleur, sur sol ou dans un nid le panier, qui est fixé dans la volière. Je ramasse les œufs quotidiennement et les mets sous une poule couveuse ou dans l'incubateur.
    Les deux façons d'élevage ont les mêmes résultats.
    Un des problèmes que je dois parfois traiter, c'est que les poules ont parfois des difficultés à pondre les œufs, parce que l'œuf reste à l'intérieur de l'oviducte. Presque chaque printemps une des poules a besoin d'aide et si vous ne le remarquez pas à temps la poule mourra d'une infection de son oviducte. (Voir image) j'utilise du " Microlax "pour résoudre ce problème. Si la poule réussit à pondre  l'œuf elle-même, l'œuf suivant est généralement un œuf sans coquille.
    J'utilise quatre incubateurs, chacun avec un degré différent d'humidité pour éclore les œufs. Je contrôle le développement de la poche d'air. Selon ce développement, je mets les œufs dans un incubateur avec une humidité plus ou moins importante. Cela est nécessaire, parce que la coquille d'un œuf est plus mince que celle d'un autre, et ainsi la perte d'humidité varie. Si les choses vont bien, le poussin va éclore le 27ème le jour.  Certains poussins ont besoin plus de temps pour sortir de la coquille, de sorte qu'il arrive souvent que le dernier poussin sortira 12 heures après le premier, alors qu'ils ont été mis en incubateur en même temps.
    Après six à douze heures, en fonction de ma présence à la maison ou pas, j'enlève les jeunes oiseaux de l'incubateur.
    Comme vous l'avez remarqué, je mets les poussins ithagine avec les jeunes d'autres espèces. Je pense que les mettre  avec les poussins de Tétras, Cabot, etc,  c'est une bonne chose. Les bactéries et les maladies à virus, avec lesquels ils sont exposés, semblent avoir moins d'influence sur leur système immunitaire, on doit observer les poussins de près, pour voir si les poussins des autres espèces, qui poussent plus vite ou sont déjà plus forts quand ils sortent de l'œuf, ne vont pas les opprimer. Les jeunes ithagines  sont très actifs depuis le premier jour et ils ne vont pas avec les poussins gélinotte nouveau-né, parce que ces oiseaux ont encore besoin d'être tranquilles pendant les trois premiers jours. Après quelques jours, les poussins d'ithagine et de tétras sont mis ensemble pour les élever, mais jamais plus de six.
    Les poussins marchent sur la mousse et de bruyère, de la première journée à deux mois, sans aucun nettoyage.
    Sur ce sol naturel, je mets quelques branches fraîches de bruyère tous les jours. Je dispose également de l'aliment de démarrage pour les faisans et les petits vers (ici on appelle cela des vers Buffalo).
    A l'âge de trois semaines, vous pouvez déjà distinguer les mâles et les femelles.
    Quand ils sont deux semaines, ils ont accès à un bac à sable pour prendre un bain de sable et manger des petits cailloux pour faciliter la digestion des aliments verts. Parfois, je parsème un peu de poudre de minéraux sur le dessus du sable.
    Comme vous pouvez le voir, j'utilise deux types d'ampoules pour chauffer les oiseaux: une ampoule noire Elstein et une ampoule rouge qui éclaire la zone d'alimentation. Par conséquent, les jeunes qui veulent dormir, peuvent se coucher sur le site sombre. Lorsque vous utilisez uniquement les lampes sombres, ils n'y parviennent pas.  Un autre avantage est que vous êtes capable d'éteindre une lampe s'il fait trop chaud à l'intérieur, pendant les jours chauds d'été et que ainsi les jeunes peuvent choisir de se mettre dans la région, qu'ils aiment le plus. Quand les jeunes grossissent, ils ont besoin de plus de l'espace.
    Je n'ai pas à les déplacer dans un box plus grand, mais j'ouvre une séparation, chaque fois que j'ai l'impression qu'ils ont besoin de plus d'espace.
    Chaque jour, les jeunes ont des touffes de bruyère fraîche. Je ne retire pas toujours les touffes de bruyères sèches, car il est utile d'avoir un endroit pour se cacher. Les jeunes ithagines ont la mauvaise habitude de se piquer sur le nez. Si c'est le cas, vous devez utiliser des anneaux anti picage, et laissez plus de bruyère sèche dans la volière.
    Quand les oiseaux sont âgés de 5 semaines, vous pouvez les mettre à l'extérieur. Vous devez fournir des perchoirs pour coucher, parce qu'ils aiment se coucher en hauteur. Progressivement, vous devez remplacer le repas par des pellets et un super mélange pigeon  mélangé avec du " carrot corn ". Ils aiment manger les pissenlits et la ciboulette.
    Les ithagines adorent  la nourriture verte. " carrot corn " peuvent remplir ce besoin, si vous n'avez pas assez de temps pour ramasser de la verdure fraîche. En automne, je donne des baies ou des oignons coupés fins.
    Lorsque vous entendez les ithagines éternuer, ils ont de la capillariose (dans 90% des cas), plutôt que de  la mycoplasmose, à laquelle les gens pensent souvent. Lorsque les oiseaux meurent tout d'un coup, quand ils ne semblent pas malades le jour précédent, ils ont très certainement une Clostridiose. Cela peut se produire dès l'âge de 3 mois jusqu'à ce qu'ils soient âgés d'un an. Lorsque les oiseaux ont le stress, ils ont souvent une Clostridiose.
    Quand vous savez que l'oiseau aura à gérer un stress, il est conseillé de leur donner antistress dans l'eau pendant 5 jours. C'est le meilleur que vous pouvez faire pour les empêcher de tomber malade à partir de ces bactéries. L'ithagine peut parfaitement survivre sous notre climat, si elles ont un endroit sec pour se coucher.
    Ils ne supportent pas très bien les longues périodes humides, quand ils ne sont pas capables aller dans une volière avec un toit. La nuit, ils aiment  dormir dehors, à midi, ils aiment se coucher dans une zone à sombre. Ils aiment se mettre au soleil aussi.
    En fait, ce sont des oiseaux assez forts et beaux, et c'est très agréable pour un éleveur d'en avoir dans sa collection.

                                                                    Je vous remercie tous pour votre attention.
                                                                                          F. Bernar

                                            Reproduction partielle ou totale interdite sans autorisation de l'auteur

Le Lagopède d'écosse in et ex situ

wpa france  -  Lagopède d'écosse  ( Lagopus lagopus scoticus )

Texte et photos de  Michal  Bugajski  (09-2008)
Traduit du polonais par Christophe Auzou


                                            Lagopède d'écosse - Lagopus scoticus (Lagopus lagopus scoticus)



    Ce sont des oiseaux qui peuvent captiver de par leur apparence et leur comportement lors du premier contact. Les impressions sont plus mesurées et plus difficiles en termes de maintien de cette espèce. C'est ce qui s'est passé avec moi et le lagopède écossais. Même si je suis un éleveur de canards, les tétraonidés m'ont toujours fasciné, et le contact juste assez étroit avec ces oiseaux remarquables pour devenir un éleveur, et après quelque temps, les reproduire.

    En systématique, les lagopèdes d'Ecosse sont traités de deux manières. Pour certains chercheurs, ils sont considérés comme l'une des 17 sous-espèces de tétras - Lagopus lagopus scoticus, tandis que d'autres leur donnent le rang d'espèce indépendante Lagopus scoticus avec deux sous-espèces: Lagopus lagopus scoticus scoticus et Hibernica scoticus.
    Le lagopède d'Ecosse est un oiseau d'une longueur moyenne de 33 à 43 cm et une envergure de 60-65 cm et pesant de 550 g à 700 g pour des mâles adultes. Contrairement aux autres lagopèdes, il n'arbore pas une robe blanche l'hiver. Le plumage d'hiver est de diverses nuances de brun. Le mâle a la tête et du cou couleur marron, autour de l'œil, une étroite bordure de plumes blanches, des plumes blanches se retrouvent également sous le bec. Au-dessus de l'œil, un sourcil intensément rose rouge. La partie inférieure du cou et la poitrine est brun-noir avec un éclat métallique. Sous le ventre, des petites taches blanches. Flancs brun foncé avec quelques plumes qui ont des pointes blanches. Le dos et la couverture noire, queue brune à brun-beige avec des dessins, couvertures alaires brunes. Les caudales et les rectrices noires. Les tarses sont couverts de courtes plumes blanches pures ainsi que les doigts et la plante des pieds. Bec court et massif en noir.
    Le plumage d'hiver de la femelle diffère du plumage du mâle par le fait que dans le cou, le bas du ventre, les plumes sont brunes chocolat sombre. Par ailleurs, le corps de couleur brun foncé est de nuance plus claire, allant vers un froment brun avec des motifs de  camouflage. Elle a également une plus grande tache blanche sur le ventre et le bout des plumes sur le côté du corps ont de plus grandes taches blanches, mais le nombre de plumes blanches dans les parties inférieures du corps est caractéristique de forte volatilité. Au printemps les femelles peuvent avoir un tour d'œil de peau nue, pas très large mais de couleur rouge brillante. Ce tour de l'œil est aussi visible quand la femelle est beaucoup plus excitée. La mue d'hiver commence en août et dure jusqu'en Octobre / Novembre. La mue de printemps commence chez le coq quand la femelle couve ses œufs, tandis que chez les femelles, elle a lieu après l'éclosion des jeunes. Le plumage d'été est le même pour les deux sexes allant du brun foncé, au brun clair, au brun froment, avec de fins dessins. Sur le dessus, la couleur est brun foncé, les parties inférieures ont une couleur dominante beige. En plumage d'été, les pattes sont plus fines et de couleur grise.
    Le duvet des poussins est jaune avec des motifs de camouflage irréguliers bruns. Le plumage juvénile est semblable à celui des adultes en été et il  est d'un brun foncé avec des fins dessins jaune-brun, mais beaucoup plus léger en taille. La sous-espèce Hibernica se trouvant en Irlande est généralement plus pâle, et en été, le plumage tire plus vers un froment -jaunâtre. La différence de coloration s'explique par l'adaptation aux différentes conditions environnementales, lié à des zones où il y a plus d'herbe de lande et de carex. La couleur du plumage brillant semblable à l'herbe sèche peut plus facilement camoufler les oiseaux.
    La distinction entre les sexes en hiver grâce au plumage n'est pas difficile, mais en été il est préférable de se baser sur les sons émis. Les femelles ont une voix haute, et émettent des sons que l'anglais décrit comme: Chut Chut Chut Chut Chut Chuttt, tandis que les mâles ont une voix basse et rauque, décrit comme GoBack, GoBack, GoBack!!.
    L'habitat du lagopède d'Ecosse est situé dans les hautes terres dénudées des landes, plutôt que dans les tourbières, les oiseaux, lors de conditions météorologiques difficiles, peuvent se trouver dans les champs cultivés. Le lagopède d'Ecosse est une espèce qui vit uniquement dans les îles britanniques, où il est assez commun et il est considéré comme un gibier sauvage.  On le trouve dans de nombreux endroits: dans une grande partie de l'Ecosse, également dans les Orcades, Shetland et les Hébrides, au nord de l'Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande. Des tentatives d'introduction de cette espèce ont eu lieu en Belgique, mais la population a disparu au début des années 70.
    La nourriture principale de cette espèce est la bruyère (parties vertes, fleurs, graines qui sont collectées à différents moments de l'année). Le régime alimentaire comprend également des baies, des bourgeons et l'écorce de saule et de bouleau, les graines de graminées, ainsi que des céréales d'hiver. Sont également mangés des mousses et des lichens, au printemps et en été ils consomment également un certains nombres d'insectes. Les oiseaux adultes sont principalement herbivores, mais la nourriture  des poussins dans leur première période de leur vie est principalement des insectes, et leur intérêt commence à diminuer graduellement à partir de 3 semaines. 
    La saison de reproduction commence au début du printemps, les mâles commencent à siffler en  l'automne et au fil du temps deviennent de plus en plus territoriaux. Cette espèce est monogame et forme une couple stable, dont la première formation commence à l'automne. Le nid est généralement situé sous une touffe de bruyère ou de l'herbe, près d'une grosse pierre, dans une cuvette peu profonde d'un diamètre de 20 cm environ, tapissée de plantes sèches. Les œufs au nombre de 6 à 9, voir même 10 ou plus, pondus à un intervalle de 24 heures. La ponte débute en avril, moins fréquemment en mai. Les œufs ont une forme conique, la coquille est jaune crème avec motif moucheté marron. L'incubation des œufs n'est assurée que par la femelle, le mâle restant à proximité du nid afin de défendre son territoire. L'incubation dure de 23 à 25 jours. L'élevage des jeunes est assuré par les deux parents. Les poussins commencent à voler à deux semaines environ; à l'âge de 4 mois, ils sont de la taille des adultes, et à cinq mois, ils acquièrent leurs manteaux d'hiver.
    Les fluctuations des populations sont enregistrées et la baisse des populations est principalement liée à la pression des prédateurs, la quantité insuffisance de nourriture et les infections intestinales de nématodes (Trichostrongylus tenuis). Le lagopède d'Ecosse est une espèce chassée, afin  de maintenir une forte population, les landes sont contrôlée afin d'avoir un bon développement de la végétation, car les jeunes plants ont plus d'éléments nutritifs. Il est également épandu de la poudre antiparasitaire pour réduire la pression des nématodes. Les prédateurs sont éliminés, parfois même illégalement, entraînant des conflits entre le lobby chasse, et écologique. Un tel engagement important de la protection et la reproduction du lagopède a des racines dans l'importance économique et sociale de cette espèce. Le lagopède d'Ecosse  est l'oiseau national de l'Ecosse et les écossais disent "Petit corps, le cœur gros", car il n'est pas rare de voir un coq défendre son territoire et même, contre des personnes. Le courage de ces petits oiseaux a été admiré par les courageux Highlanders pendant des siècles. Il n'est pas surprenant, dans ce cas, que le lagopède d'Ecosse soit devenu l'emblème de l'une des marques de Whisky (The Famous Grouse), et le personnage animé est le héros de cette série de la marque publicitaire pleine d'esprit.



                                                                                              Elevage

    Quand on décide d'élever cette espèce, on doit savoir deux choses fondamentales. Tout d'abord, les oiseaux sont sensibles à la maladie et au stress, deuxièmement, il nécessite la nourriture le plus  naturelle possible et un terrain propice afin d'avoir un succès.
  Le lagopède d'Ecosse est considéré par les éleveurs de tétraonidés comme l'un des plus faciles à maintenir et c'est une espèce recommandée pour les débutants. Il est beaucoup plus résistant aux maladies et tolère des températures élevées, plus que les espèces forestières et de l'extrême nord. Les difficultés liées à la reproduction de cette espèce sont identiques à  l'élevage des petits tétras et la gélinotte des bois.
J'ai vu plusieurs moyens de détenir cette espèce. Allant de petites volières couvertes, avec un substrat de sable et de gravier sur une superficie de 10-15 mètres carrés, de taille moyenne, 30-40 m² non couvertes, avec aussi un substrat de sable et de gravier, et des volières d'une centaine de m², avec de la végétation naturelle et un abri de  quelques mètres - avec un plancher en caillebotis. Chaque solution a des avantages et des inconvénients.
    Les meilleures conditions d'hygiène sont garanties par l'élevage sur grillage en toute petite volière, mais je pense que ce mode d'élevage a peu à voir avec la protection animale, bien qu'il soit possible d'obtenir un pourcentage élevé de jeunes élevés. Beaucoup d'éleveurs d'Europe de l'ouest abandonnent complètement cet élevage "sur le grillage", et à juste titre.
    Les conditions les plus semblables à l'environnement naturel peuvent être réalisées dans de très grandes  volières avec de la végétation naturelle, mais l'inconvénient est qu'il n'est pas possible de maintenir un contrôle sur les conditions des oiseaux et il est facile de rater les premiers symptômes de la maladie, et d'ailleurs, vous ne pouvez pas maintenir une bonne hygiène et il est nécessaire de changer périodiquement  les volières.
    Les volières de taille moyenne rassemblent de nombreux avantages, vous pouvez observer les oiseaux, vous pouvez planter des arbustes, mais leur principal inconvénient est en hiver et au début du printemps, quand, le sol dégele, il se recouvre de boue. Pour empêcher les oiseaux de patauger dans la boue, il faut recouvrir celui-ci d'écorces de pin et des branches de pin. Ces enclos doivent également être à l'ombre des arbres, lors de notre chaleur estivale, afin d'avoir pour les lagopèdes, une chaleur supportable. Une autre façon de fournir de l'ombre est l'utilisation de filets d'ombrage, utilisés dans la culture des conifères. Dans de grandes volières, l'éleveur doit également fixé au plafond, suspendu, de lourds filets à mailles fines ou de gros morceaux de toile. Ces éléments sont utilisés pour freiner les oiseaux qui volent, car, en raison de la rapidité de leur vol, sur une courte distance, ils peuvent atteindre une vitesse considérable, et en tapant sur les côtés de la volière, cela peut leur être fatal. Autour des côtés, on plante ou on dispose des conifères ou des treillis de roseaux, du saule, du bambou ou du filet vert de jardin. Ainsi, les côtés sont visibles pour les oiseaux et ils évitent ainsi de rentrer dedans.
    Personnellement, je maintiens les lagopèdes dans de petites volières intérieures. L'avantage de la volière entièrement couverte est la capacité à maintenir une hygiène élevée, une protection contre la pluie et fournir de l'ombre. L'inconvénient est le séchage du substrat, qui peut devenir poussiéreux. Dans ces volières, on ne peut pas utiliser de plantes vivantes comme décors. Le toit de la volière est réalisé en matériau isolant, ce qui réduit la température et contre la chaleur estivale, les murs sont recouverts avec des nattes de roseau. Au sol,  une couche de substrat de 10 centimètres de sable mélangé avec du gravier. Les lagopèdes ne creusent pas dans le sol, c'est pourquoi, il n'est pas besoin d'utiliser une couche plus épaisse. Seulement dans les régions chaudes, ils creusent des puits peu profonds pour être en mesure de se rafraîchir dans la terre fraîche. Les enclos sont nettoyés tous les jours, en retirant les morceaux de nourriture sèche et d'excréments et on ratisse les feuilles, pour garder la volière suffisamment propre. On  complète d'une couche de sable toutes les 2 à 3 semaines, et deux fois par an je change totalement le substrat. Les volières sont décorées de souches d'arbres, de grosses pierres et les branches situées directement sur le sol. Les perchoirs ne sont pas nécessaires, car les oiseaux dorment à même le sol, mais il doit y  avoir des caches, car si le mâle est trop insistant, les femelles peuvent se cacher afin d'avoir  un moment de tranquillité. Pendant la saison de reproduction, on met dans l'abri des branches de pin, afin de permettre aux femelles de construire leurs nids.
    Je les nourris de façon naturelle. J'évite l'utilisation de granulés, et d'ailleurs, les oiseaux qui ont le choix, ne regardent même pas les granulés. Tout au long de l'année, la nourriture de base, comme dans la nature est la bruyère, puis autres plantes qui sont le saule, le saule jaune et blanc, le bouleau, le noisetier, le peuplier et le tremble, et selon la saison, les lagopèdes mangent les feuilles, l'écorce, les bourgeons et les chatons. Les aliments verts qui sont  le plus souvent mangés, sont les pissenlits, le trèfle, la luzerne, l'achillée millefeuille. Au cours de l'été et à automne, je donne toutes sortes de baies disponibles: airelles myrtilles, framboises, mûres, groseilles, et aussi durant l'hiver, je donne des airelles congelées. Les graines sont un complément alimentaire, et bien qu'ils soient toujours disponibles pour les oiseaux, ne sont pas trop consommées. Le mélange, que je donne aux tétras est composé de blé, de millet, de sorgho, de graines d'herbe, mais pas de graines d'oléagineux. J'ajoute en hiver des pinions de pin et une petite quantité de maïs finement broyé, pendant la saison de reproduction j'ajoute des graines de chanvre, et pendant la mue des pois de petite taille. Les graines représentent  moins de 10% en été et moins de 25% en hiver  du volume des aliments ingérés. Les oiseaux ont besoin d'aliments à faible teneur en protéines mais en teneur élevée en fibres. Lorsque vous regardez la liste de plantes consommées, il n'est pas difficile de voir qu'une grande partie de ces plantes ont des propriétés médicinales et sont utilisées en phytothérapie. Ces composants ne peuvent être donnés d'une autre manière, et ils ont un effet bénéfique sur la condition physique et la santé des oiseaux. En complément à cette alimentation, il est distribué des coquilles d'huîtres broyées et du charbon, il est régulièrement ajouté dans l'eau, du jus de citron, ils ont aussi en permanence des blocs de minéraux pour pigeons. Pendant la saison de reproduction et pendant la mue, j'ajoute dans l'eau de boisson des vitamines et du calcium. Pendant la saison de reproduction, je donne également des insectes, mais ils ne sont pas trop intéressés pour les consommer.
    Selon les  aliments consommés, les lagopèdes excrètent des fientes de texture et de couleur différentes. Lorsque ils mangent des aliments de faible teneur en eau et avec de grandes quantités de fibres, les selles sèches sont en forme de galets, ils sont appelés "mèche" lorsque le régime alimentaire comprend un grand nombre de fruits mûrs et de végétaux, ils peuvent avoir la consistance de fine gelée, appelée "pitch".
    Une bonne saison de reproduction commence au début du printemps, mais les mâles paradent depuis l'automne. Certains peuvent être très agressifs et s'exciter sur les femelles, parce que ces mâles ont dû être séparés des femelles, jusqu'au printemps, c'est le cas avec les jeunes coqs. Ces coqs paradant de façon très agressive et défendant leur territoire,  n'hésitent pas à piquer et à saisir les vêtements, ce qui peut faire sourire. Malheureusement, un bon nombre de femelles peuvent être abîmées sur la tête et le cou, ou sur toutes autres parties de leur corps, pour cette raison, il est préférable de couper les plumes d'une aile du mâle afin que la femelle puisse se soustraire des ardeurs du mâle. Si les oiseaux ont été séparés les uns des autres pendant l'hiver, la période d'appariement permet de connaître  le comportement de la femelle avec ses appels d'accouplement de la femelle et ses postures d'accouplement. Les lagopèdes sont des oiseaux monogames et les femelles sont intolérantes envers les autres femelles pendant la saison de reproduction. Certains mâles protègent leurs femelles. Les premiers œufs sont pondus au début du mois d'avril, ils sont surveillés en permanence et l'intervalle de ponte entre chaque œuf est d'une journée. Les femelles couvent très bien et elles sont très assidues. Vous pouvez vous approcher près du nid, et durant cette période d'incubation, la femelle se lève du nid, et après un moment elle y retourne. Cette méthode peut être pratiquée, mais seulement avec des oiseaux familiers. Le mâle, pendant ce temps, vit à proximité du nid et le protège. Toutefois, lorsqu'un deuxième mâle est à proximité et entend son chant, il peut être excité et déranger la femelle qui couve, alors ils doivent être séparés, car après l'éclosion des poussins, il peut empêcher l'élevage de ceux-ci. Si vous avez un seul couple, alors les deux parents prennent bien soin de leurs jeunes. L'élevage naturel avec un résultat de 50% est considéré comme réussi. Pour avoir un plus grand pourcentage de réussite, on peut pratiquer l'élevage artificiel mais l'élevage est beaucoup plus difficile et il exige beaucoup de travail et de temps de dévouement pour un petit lagopède
    La température d'incubation des œufs est de 37,5 degrés Celsius, avec une humidité de 65-70%. Je donne ces chiffres pour les éleveurs néerlandais et américains. Les jeunes dans la nature, durant la période initiale, se nourrissent presque exclusivement d'insectes et de bruyère. Dans la volière, vous pouvez les nourrir de fourmis et de leurs larves, avec un jaune d'œuf écrasé très finement, de la bruyère, les orties hachées. Par ailleurs, ils ont toujours accès à de l'aliment démarrage pour gibier. Pendant les 10 premiers jours, les jeunes sont très délicats, ils se développent lentement et c'est à cet âge que l'on en perd, principalement à cause de la coccidiose. À l'âge de 3 semaines environ, ils sont déjà assez grands. Et c'est à ce période que l'on peut commencer à introduire d'autres aliments, mais les insectes et/ou le jaune d'œuf doivent être l'aliment principal, vous pouvez alors commencer à distribuer des graines. De 3 semaines à 4 mois, la croissance est rapide et à 4 mois,  les oiseaux sont déjà de la taille des adultes. Les problèmes les plus communs dans l'élevage des lagopèdes sont la coccidiose, l'histomonose, les infestations de nématodes, ainsi que des réactions au coup de chaleur et au stress. Dans le cas de la prévention des coccidioses, il est souhaitable de les traiter deux fois par an, au printemps et en automne, avant la mue, avec un anticoccidien, pour l'histomonose, qui a surtout lieu durant l'été, traitement avec du métronidazole. Lors des températures élevées ne pas attraper les oiseaux, les transporter, ou travailler dans leurs volières, ça leur serait fatal. La période la plus sensible pour les oiseaux est la fin du printemps, lorsque les températures augmentent et que les oiseaux n'ont pas encore mué et qu'ils ont encore leur plumage hivernal. Dans le cas des oiseaux adultes, tous les médicaments nécessaires doivent être administrés directement à la sonde ou injectés, car la consommation d'eau est faible, et dans certaines périodes, ces oiseaux peuvent ne pas boire du tout. Pour le traitement des jeunes, pour les produits utilisés dans l'eau de boisson, la dose doit être calculée suivant le poids et la quantité d'eau consommée, les doses sont beaucoup plus élevées que pour les poulets ou les faisans. Calculer la consommation quotidienne d'eau, par exemple, à une température inférieure à 25 degrés, 11 jeunes lagopèdes de cinq mois consomment environ 150 ml d'eau par jour. Les oiseaux sont nourris à cette époque de baies juteuses, de pissenlits et de branches de saule.
  Le caractère du mâle, les variations de couleur et de nombreux autres aspects de la biologie du lagopède d'Ecosse en font leur charme pour un groupe croissant d'éleveurs, malgré les nombreuses exigences à satisfaire. L'éleveur qui décide d'élever cette espèce doit être conscient du risque d'échec et de la déception que peut apporter ce type d'élevage, mais rien ne peut égaler le sentiment de satisfaction et d'accomplissement après un premier succès de  reproduction.

Traduit du polonais d'après
Auteur: Michal Bugajski
Photos prises dans l'élevage de l'auteur.

Le tragopan de Cabot


Texte et photos de Bernard Giboin (10-2012)
Expérience exposée lors de la Journée de Formation du 06 octobre 2012 à Doué la fontaine


    L'élevage et la détention du tragopan de Cabot ne sont pas plus difficiles que ceux des tragopans de  Temminck  ou Satyre.

Les volières

    Elles doivent être spacieuses,  au minimum de 10 m x 5 m et d'une hauteur minimale de 2 m. Les tragopans ayant absolument besoin d'espace et d'exercice. Orientées au sud, elles comportent un abri intérieur dont  le sol doit être sec avec du sable sur  une épaisseur de gravier, le sol extérieur est en pelouse avec des arbustes.
    L'eau courante circule d'un petit bassin à l'autre par gravité (car j'ai dans les volières des couples de sarcelles à collier  en particulier).
    Des perchoirs sont installés en intérieur comme en extérieur sans oublier de les rendre accessibles aux poussins car à quelques jours ils se couchent sur les perchoirs sous les ailes de leur mère.
    Il convient également d'installer au sol les tumulus de pierres ou de bois qui sont indispensables à la parade des mâles.
    Les mangeoires sont disposées sur des cadres en grillage afin d'éviter que de les oiseaux ne puissent avoir accès à de l'aliment souillé. La nourriture est composée de granulés entretien ou chauffage suivant la saison, de T16, de granulés de Carottes, de mélange tourterelle, de fruits et de légumes de saison, d'herbe et de feuilles diverses. Le régime des poussins est le même sous une forme moulue adaptée à leur taille.


L'élevage

    Les nids sont constitués de caissettes plastiques (les paniers en bois ou en osier ayant l'inconvénient d'être putrescibles et plus difficiles à nettoyer). Ils sont disposés en hauteur (1 m 60 ou plus) et doivent être étroits et profonds. Une bonne épaisseur de foin coupé est disposée sur un fond de  tourbe.
    La ponte est composée de 3 à 4 œufs. Plus de 4 est suspect et possible indice d'hybridation. S'ils sont retirés  en tout début d'incubation les femelles peuvent faire deux à trois pontes à intervalle de 15/20 jours au cours de la saison.

    Je favorise l'élevage par les parents, mais l'élevage artificiel est tout à fait possible avec des boites pour poussins et des volières pour les jeunes. Les parents sont de superbes éleveurs et les femelles peuvent être de très bonnes " mères adoptives ". Il est en effet possible de confier les œufs fécondés d'une femelle A à une femelle B couvant  des œufs clairs. Elle élèvera parfaitement les poussins. Ne pas oublier que les perchoirs soient accessibles aux poussins.


Les problèmes

    La population de Cabot contient malheureusement des hybrides - en particulier avec des tragopans de Temminck. Ceci remonte aux années 80/90 lorsque les Cabots disponibles étaient très consanguins et ne pouvaient être reproduits que par insémination artificielle. Depuis heureusement des oiseaux d'origine chinoise ont régénéré la population captive. Il existe un Stud-book international qui permet de vérifier l'origine des oiseaux.
    Par ailleurs Aviornis international  a lancé un programme de dépistage par tests ADN pour tous les Tragopans afin de vérifier qu'ils ne sont pas hybridés et ainsi constituer un pool d'oiseaux à partir desquels développer une population captive saine.
    Mes oiseaux appartiennent à ces deux populations.

    Le but étant l'élevage par les parents avec des mâles fécondant naturellement. Ceci permettant l'obtention d'oiseaux ayant été imprégnés par les parents et aux comportements conformes à l'espèce. Il est cependant à noter que tous les jeunes mâles ne fécondent pas dès 2/3 ans et qu'il est parfois nécessaire d'être patient. Certains acceptant une femelle et pas une autre.


Réglementation & conclusion

J'ai élevé plus de 30 jeunes en 8 ans… mais à terme qu'en faire?

    Car ils sont inscris à la Convention de Washington annexe 1 et  il faut pour la détention un Certificat de capacité avec une Autorisation d'ouverture.
    J'ai placé des couples chez un certain nombre d'éleveurs répondant à ces conditions ainsi qu'au Parc de Clères, à la Ménagerie du Jardin des plantes à Paris. D'autres sont en prêts d'élevage chez des éleveurs Européens disposant d'oiseaux de souches différentes.

    D'où la Nécessité absolue d'augmenter le nombre d'éleveurs Capacitaires en France afin de disposer d'une population stable et génétiquement saine en élevage.
    Ceci permettant également de se mettre être à l'abri de  problèmes sanitaires qui pourraient anéantir cette magnifique espèce.

L'incubation mixte



Texte et photos de René Martin (06-2012)

L'incubation mixte


    Pendant longtemps, j'ai pratiqué l'incubation semi-naturelle sous poules naines, que ce soit pour  des  œufs de faisans ou des œufs de paons bleus. Les résultats, sans être exceptionnels, étaient fort satisfaisants.  J'ai  par la suite voulu appliquer cette même méthode avec mes paons verts, et là, surprise !  Les résultats se sont vite avérés différents et décevants. Beaucoup d'embryons mouraient en coquille, souvent au moment de la naissance. Les paramètres (température, hygrométrie) n'étaient sans doute pas adaptés à ces oiseaux quelque peu délicats.  De plus, une certaine consanguinité chez mes reproducteurs ne facilitait pas les choses !
    Fort de ce constat, j'ai abandonné cette méthode pourtant facile  et j'applique désormais une méthode mixte : association  poule naine- incubateur.
Les spécialistes et professionnels sont unanimes à reconnaître que les premiers jours d'incubation  sont déterminants, aussi continué-je  de faire confiance à Dame Nature pendant cette période critique. Après avoir pesé chaque œuf, j'en glisse 4 au maximum sous une poule naine, généralement installée dans une case de clapier. Sur un tableau Excel que j'ai conçu, je note le poids de chaque œuf.  Les œufs seront par la suite pesés tous les 3 jours de façon à suivre au plus près leur perte de poids et comparer cette perte avec  une courbe de référence, préalablement installée sur le tableau.  Si au terme  de ces 3 premiers jours  je constate déjà une anomalie (perte de poids nettement excessive ou insuffisante) sur 1 œuf, je le transfère en incubateur. Je possède 2 incubateurs  électroniques de " correction " : l'un reçoit les œufs en perte de poids excessive, l'autre les œufs en perte de poids insuffisante. Un réglage du taux d'hygrométrie (adapté à la moyenne des pertes ou excès de poids) permet de corriger la majorité des problèmes. Les œufs au développement normal restent  sous poule jusqu'à ce qu'une correction éventuelle s'avère nécessaire, et au plus tard (pour les " sans faute") jusqu'au 12ème jour où ces derniers intègrent, eux aussi, un incubateur, mais  classique (T=37.5° ; H=55%) ;  les 3 derniers jours, tout le monde se retrouve en éclosoir avec un taux d'hygrométrie élevé nécessaire (70 à 80%) que la poule naine n'aurait bien sûr pas géré. Les œufs sont  particulièrement surveillés  durant ces 3 jours.  Dès qu'un bêchage important  est  remarqué,  l'œuf retourne à ses origines : sous  une poule " en attente " (sur un œuf factice), pas forcément d'ailleurs celle qui avait commencé l'incubation. Idem pour les poussins qui naissent  à mon insu : ils sont immédiatement glissés sous la poule qui les accepte sans problèmes.
    En résumé, donc : 3 à 12 jours sous poule en début d'incubation, la suite  en incubateur et éclosoir et retour sous poule dès la naissance. Surveillance et correction continues  de la perte de poids des œufs.
    Ce système présente un triple avantage :
1- Celui d'une surveillance et, éventuellement, correction  des paramètres d'incubation  après avoir laissé la poule naine gérer la  période la plus délicate.
2- Un élevage  semi-naturel  sous poule naine après naissance.
3- Une gestion aisée du parc " poules " dès l'instant où  leur rôle ne consiste qu'à couver des séries d'œufs pendant quelques jours  et à  accueillir 2 ou 3 poussins…  4 ou 5 semaines après leur premier jour de couvaison.


Copyright © 2011 - 2017. Tous droits réservés.
ce site est réalisé par les membres de la W.P.A. France
un grand nombre de pages sont libres d'accès par contre les pages concernant la vie de l'association
ou l'organisation de programme de conservation par des groupes spécialisés sont réservées aux utilisateurs munis d'un code d'accès
ce code est délivré exclusivement par le Gestionnaire des adhésions de notre association il est strictement personnel.

mise en place , webmasters Christophe AUZOU et Pascal Wohlgemuth, wpa-france@orange.fr
à l'aide du logiciel TOWeb 3
hébergeur Hosteur.com